Le football est un jeu de hauts et de bas, un broyeur brutal qui mâche les entraîneurs et les recrache, souvent sans une seconde pensée pour l'être humain sous la pression. Mais parfois, la cruauté du jeu est différente. Parfois, il ne s'agit pas seulement d'une défaite sur le terrain. Igor Tudor, l'entraîneur-chef de la Lazio, l'a appris à ses dépens la semaine dernière. La nouvelle du décès de son père est tombée peu après la défaite 1-0 de son équipe contre Tottenham lors de leur dernier match amical de pré-saison à Londres. Un coup de poing, sans aucun doute, venant s'ajouter à un résultat que personne ne voulait.
C'est un rappel que ces gars, les hommes qui arpentent les lignes de touche, ne sont pas seulement des tacticiens ou des disciplinaires. Ce sont des fils, des pères, des maris. Et parfois, le poids de la vie s'abat. Tudor n'était à la Lazio que depuis quelques mois, ayant succédé à Maurizio Sarri en mars 2024. Il a signé un contrat qui court jusqu'en juin 2025, avec une option pour une année supplémentaire. Le club a terminé à une respectable septième place en Serie A la saison dernière, accumulant 61 points, s'assurant une place en Europa League. C'était une reprise décente après un début de campagne difficile. Mais cette semaine, rien de tout cela n'a d'importance.
**Malheurs de pré-saison et chagrin personnel**
Le match contre Tottenham lui-même était un peu ennuyeux, une affaire typique de pré-saison où les deux équipes étaient clairement encore en train de se débarrasser de la rouille. Harry Kane, qui d'autre, a marqué le but vainqueur pour les Spurs à la 67e minute, une finition soignée après une astucieuse talonnade de Dejan Kulusevski. La Lazio semblait un peu désorganisée, ce qui est à prévoir à ce stade. Ils n'ont réussi que deux tirs cadrés pendant tout le match, contre sept pour Tottenham. Tudor bricolait sa composition, essayant d'intégrer la nouvelle recrue Taty Castellanos, qui semblait un peu perdu en attaque. Castellanos, signé pour environ 15 millions d'euros de Gérone, est censé être la solution aux problèmes de buts de la Lazio. Ciro Immobile, malgré son statut légendaire, n'a marqué que 7 buts en Serie A la saison dernière. C'est loin de ses 27 buts en 2019-20.
Et c'est ça la pré-saison. C'est censé être un moment d'expérimentation, de construction de l'alchimie, de mise en rythme compétitif. Mais pour Tudor, c'est devenu tout autre chose. Les discussions tactiques, les rotations de joueurs, l'analyse d'après-match – tout cela a dû sembler complètement vide à l'ombre d'une perte personnelle si profonde. Tottenham a publié un communiqué, offrant ses condoléances, ce qui était une touche de classe. Mais aucun communiqué, aussi bien intentionné soit-il, ne peut réparer ce que Tudor traverse.
Pour être honnête : je pense que ce genre de tragédie hors terrain peut soit galvaniser une équipe, soit la faire complètement dérailler. Je mise sur la première option. Cette équipe de la Lazio a du cran. Ils voudront jouer pour leur entraîneur. Des joueurs comme Luis Alberto et Sergej Milinković-Savić (s'il reste) sont des professionnels. Ils savent ce que signifie se rallier autour d'un leader. La saison de Serie A débute le 17 août, et le premier match de la Lazio est contre Bologne au Stadio Renato Dall'Ara. Ce sera un match d'ouverture difficile, mais je parie que l'équipe de Tudor va démarrer en force. Ils joueront avec un avantage, avec quelque chose de plus que trois points en jeu. Je prédis que la Lazio terminera dans les quatre premiers cette saison, poussée par le poids émotionnel du sacrifice de son entraîneur.