Vous vous souvenez de 2017 ? Liverpool était bon, mais pas *aussi* bon. Ils étaient en pleine construction, c'est sûr, mais la dernière pièce du puzzle n'avait pas encore tout à fait trouvé sa place. Et selon Gab Marcotti, cette pièce, Mohamed Salah, a failli ne pas arriver. Jurgen Klopp, que Dieu le bénisse, avait les yeux rivés sur quelqu'un d'autre. Julian Brandt, alors au Bayer Leverkusen, était la cible préférée de l'entraîneur. Brandt était plus jeune, allemand, et correspondait au système que Klopp envisageait. Mais l'équipe de recrutement, dirigée par Michael Edwards, a fortement insisté pour Salah, fraîchement sorti d'une saison à 19 buts pour la Roma.
Voici le problème : Brandt était un bon joueur. Il avait disputé 27 matchs pour Leverkusen en 2016-17, marquant trois buts et délivrant huit passes décisives. Des chiffres respectables pour un joueur de 21 ans en Bundesliga. Mais Salah ? C'était un animal complètement différent. Lors de ses deux saisons à la Roma, Salah avait inscrit 34 buts en 83 apparitions toutes compétitions confondues. C'est un but tous les 2,4 matchs, loin de la production de Brandt. Les analystes, le département de scouting, ont vu la production brute, la vitesse, la capacité de dribble. Ils ont vu un joueur qui pouvait immédiatement impacter l'attaque de Liverpool, qui avait fortement reposé sur Sadio Mané et Roberto Firmino. Mané avait marqué 13 buts en championnat en 2016-17, Firmino 11. Ils avaient besoin d'une autre menace constante.
Et ce n'étaient pas seulement les buts. Les chiffres sous-jacents de Salah étaient exceptionnels. Ses buts attendus (xG) étaient constamment élevés, suggérant que sa production n'était pas un coup de chance. Il se plaçait dans des positions dangereuses, tirant des tirs de qualité. Brandt, bien que soigné, ne possédait pas cette même efficacité. Il était plus un créateur, un homme de liaison. Liverpool avait besoin d'un finisseur. Ils avaient besoin de quelqu'un qui pouvait dépasser les défenseurs et mettre le ballon au fond des filets, surtout après le départ éventuel de Coutinho.
Klopp, à son crédit, a finalement cédé. Il a fait confiance à son équipe, et ils ont livré. Liverpool a signé Salah pour un montant rapporté de 34 millions de livres sterling. Une aubaine, avec le recul, pour un joueur qui allait marquer 44 buts lors de sa première saison, battant le record du club de Robbie Fowler pour le nombre de buts en une seule campagne de Premier League. Imaginez s'ils avaient persisté avec Brandt. Il a finalement rejoint le Borussia Dortmund en 2019, où il a été un joueur solide, mais n'a jamais atteint les sommets stratosphériques de Salah. Sans vouloir manquer de respect à Brandt, qui est un excellent joueur, Salah est dans une ligue différente. C'est un talent générationnel, plusieurs fois vainqueur du Soulier d'Or, champion de la Ligue des Champions et de la Premier League.
C'est un rappel frappant que même les meilleurs managers peuvent avoir des angles morts. Le génie de Klopp est indéniable, mais sa préférence initiale pour Brandt plutôt que Salah montre à quel point les marges sont fines au plus haut niveau. Parfois, vous avez besoin de quelqu'un d'autre pour voir ce qui vous manque. Et parfois, cette pièce manquante devient la plus importante.
Mon avis tranché ? Sans Salah, le palmarès de Liverpool de 2019 à 2022 serait beaucoup plus vide. Il n'était pas seulement *une* signature ; il était *la* signature. Et si Klopp avait eu le dernier mot, l'histoire serait très différente. Je vous le dis, Liverpool aurait gagné une, peut-être deux trophées majeurs de moins s'ils avaient signé Brandt au lieu de Salah.