Oliver Glasner qualifiant l'atteinte des quarts de finale de l'Europa Conference League par Crystal Palace d'"énorme exploit" semble presque un euphémisme. Soyons réalistes, ce club n'a pas senti la compétition européenne depuis une éternité. Leur dernière incursion significative fut la Coupe anglo-italienne au milieu des années 90, et avant cela, la Coupe UEFA en 1998, où ils ont été éliminés par le Rotor Volgograd. Alors, oui, battre l'AEK Larnaca à neuf joueurs 1-0 en prolongation grâce au but d'Ismaïla Sarr pour s'offrir un rendez-vous avec la Fiorentina ? C'est plus qu'énorme ; c'est pratiquement du jamais vu pour Palace.
Voici le problème : quand on regarde les noms de cette équipe de Palace, ce n'est pas exactement une collection de superstars européennes. Eberechi Eze, Michael Olise, Marc Guéhi – ce sont des gars qui se sont battus en Premier League, souvent pour éviter la relégation, pas pour jouer régulièrement au football continental. Leur forme nationale cette saison a été, c'est le moins qu'on puisse dire, inégale. Ils occupent la 14e place du classement de la Premier League avec 33 points après 29 matchs, n'ayant remporté que huit matchs cette année. Ils n'ont marqué que 34 buts, un chiffre qui les place fermement dans la deuxième moitié du classement offensif. Pourtant, les voilà, marchant vers les huitièmes de finale d'une compétition de l'UEFA. C'est une sorte de magie étrange que Glasner est en train de concocter.
**Palace peut-il créer une autre surprise ?**
Glasner a pris les rênes en février, héritant d'une équipe qui semblait destinée à une nouvelle lutte. Son arrivée a sans aucun doute stabilisé les choses. Ils ont enregistré deux victoires et deux nuls lors de ses six matchs de Premier League, dont un courageux match nul 1-1 contre Everton et une victoire cruciale 2-1 contre Burnley. Mais cette campagne européenne a commencé sous Roy Hodgson, un témoignage de... eh bien, de quelque chose. Peut-être est-ce simplement l'imprévisibilité du football de coupe, surtout dans un tournoi comme la Conference League où les grands clubs ne le prennent souvent pas au sérieux avant les tours ultérieurs.
Maintenant, ils affrontent la Fiorentina. Les Italiens ne sont pas non plus des foudres de guerre cette saison, occupant la 10e place de la Serie A. Mais ils ont atteint la finale de cette compétition l'année dernière, perdant contre West Ham. Ils ont plus d'expérience à ce niveau, tout simplement. Nicolas Gonzalez, leur ailier, a déjà inscrit trois buts en phase de groupes de la Conference League. Arthur Cabral, leur attaquant, était létal dans cette compétition l'année dernière. Palace sera l'outsider, tout comme ils l'étaient contre Braga en barrage, où ils ont gagné 3-2 sur l'ensemble des deux matchs.
Mon avis tranché ? Cette série est insoutenable. Bien que le but vainqueur de Sarr à Chypre ait été brillant, et que Guéhi ait été un roc en défense, Palace a un peu eu de la chance. Ils n'ont pas vraiment dominé les matchs en Europe, s'appuyant souvent sur des moments de génie individuel ou sur l'implosion de leurs adversaires, comme Larnaca qui s'est retrouvé à neuf. La Fiorentina sera un pas de trop. Ils sont plus organisés, plus cliniques et ont tout simplement une meilleure équipe sur le papier.
Écoutez, c'est une belle histoire pour les fans de Palace, sans aucun doute. Les fidèles de Selhurst Park n'ont pas eu grand-chose à célébrer en Europe depuis l'époque de Mark Bright. Mais je ne les vois tout simplement pas dépasser les quarts de finale. La Fiorentina gagnera les deux matchs.